jeudi 15 octobre 2009

Incredible India !

Donc, en français, « I love you », il paraît que le français est la langue de l’amour…Mais je sais malheureusement que nombreux d’entre eux préfèreraient le dire à une femme qui ne sera pas la leur, puisque les parents en auront décidé ainsi. Selon les familles, le mari ou la femme est choisi(e) dans la même caste, bien sûr, sachant qu’il y a plein de sous-castes, et que les délimitations ne sont pas toujours très claires. Mais il faut aussi que ce soit dans la même région, ou du moins dans le même état. Tout les profs de Chitkara que je connais vivent chez leurs beaux-parents, et ceux-ci exercent souvent une pression quotidienne sur elles. La seule qui ne vive pas chez ses beaux-parents est un peu la révolutionnaire du groupe…en plus elle a vraiment choisi son mari. Je sais que je suis dans une région particulièrement conservatrice pour ça, mais c’est quand même frappant de voir où est la normale, et de déplorer que l’amour est régit par les barrières de castes, sociales, religieuses. La caste est un système très étrange que la société indienne permet alors qu’elle a tant de bonnes choses. La loi interdit ce système mais dans les mentalités, il n’en est rien, ou en tout cas pas au Penjab. Mais cela est moins criant à Chandigarh car c’est une ville assez occidentalisée (tout étant relatif !). A l’Alliance Française, par exemple, le staff qui bosse pour l’entretien et la cafétéria sont de basses castes, et les profs, toutes indiennes, ne leur adressent la parole que pour des demandes de services ponctuels, toujours avec un air condescendant. Aujourd’hui, nous avons fêté l’anniversaire d’une élève et j’ai failli commettre une bévue en invitant celui qui nous sert si gentiment des cafés glacés et des sandwichs à l’omelette. Bénédicte qui est française m’explique que de toute façon il n’aurait pas accepté l’invitation. Il se serait probablement pas senti à l’aise au milieu de cette abondance de nourriture qui représente son salaire de la semaine. Et comme ce n’est pas nous qui organisons, je ne peux pas prendre les devants. Il y a quelques jours, je me suis faite reprendre par mes étudiants car je disais « thank you, sir » à un rickchawala. Que n’avais-je pas dit !! il fallait dire « Bahya » et non « sir », c’est beaucoup trop respectueux…comment vais-je appeler les gens respectables si j’appelle un intouchable sir ? … et bien je leur explique que j’ai autant de considération pour les deux types, et que, zut, ça, ils ne le changeront pas, et que je fais déjà très bien la différence entre bahya et sir. Je ne sais pas quel est le pire : tirer vers le haut un intouchable ou rabaisser mes étudiants baignés dans le lait de coco depuis leur plus jeune âge…ils décideront. La société indienne permet pourtant de superbes choses, comme les sadus, qui abandonnent toute vie sociale, aussi matérialiste qu’elle soit, pour vivre de mendicité et s’adonner à une spiritualité respectée par tous. Ce sont ces gens qui fument des pétards gros comme mon poing et, vêtus de orange, parcourent les lieux saints. Certains vivent d’une piété véritable, d’autres sont de gros attrappes-touristes.

3 commentaires:

  1. Et oui, il y a encore cette coutume où les familles choisissent les maris & femmes ...
    ça fait bizzare pour un(e) français(e)!

    Au fait, rien ne justifie les castes (je pense à une belle citation, je te l'enverrai ...) mais ne permettent elles pas dans le cas précis de la culture indienne (et malgrès bcp d'abus) de fairecohabiter toutes ces religions ? Toutes ces pratiques si différentes et toutes ces coutumes différentes ?
    (mais qui suis je pour en parler, moi qui ne suis pas en inde et qui parle avec ma belle petite culture occidentale ?)

    J'ai bcp aimé ta phrase concernant bahya et sir ! les petits apprendraons d'eux meme à faire la différence ... (et toi, tu as autant de considération entre les deux, je n'ai que bravo à dire.)
    (pour le pire, tirer vers haut ou bas, moi non plus je sais pas ! c'est où le milieu ?)


    Je finirai en te citant, phrase qui me touche bcp :
    "c'est quand meme frappant de voir où est la normale"

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  2. Désolé je ne serai pas aussi intéressant que mon prédecesseur...
    Des pétards gros comme le poing eh eh eh! ça me donne envie de venir en Inde...

    Tantine

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  3. viens, viens!! (enfin, plus facile a dire qu'a faire...) En tout cas, bien envie de te revoir, histoire aussi de faire mieux connaissance et un bon pouet ensemble!

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