samedi 6 mars 2010

En passant par le marché...

Pour faire ses courses en fruits et légumes, je m'adonne toutes les semaines à un rituel merveilleux, celui d'aller au marché en plein air, situé dans le secteur 43, dans un grand terrain vague. Tout d'abord, quand on arrive, des camions de cagettes renferment des poulets vivants, que l'on égorge à la demande, et on les récupère à la fin des courses...
Ensuite, des vendeurs de fruits et légumes hurlent les prix et la qualité de leurs produits, selon les tarifs affichés de la bourse alimentaire située à Mumbaï. Les odeurs embaument, on ne sait que choisir, et le vrai régal, c'est qu'ici on ne marchande pas, donc on ne se fait pas avoir, et il faut avouer que marchander pour tout est fatiguant à la longue.
Une idée de liste de courses: tomates (tamatar), 20 roupies le kilo (bis roupia, ek kèiji: le mot kilo a été repris de l'anglais, et hindinisé!!)
pommes de terre (aloo), 20 Rs/kg
1 gobi (chou fleur), 15 roupies
1 kg de palak (épinard en feuilles...bohot swadish he!...délicieux!), 30 roupies.

Les fruits par contre sont beaucoup plus chers, les pommes de Shimla (montagnes de l'Hymachal Pradesh) coutent 60 roupies le kg, et les bananes 40 roupies les 12, alors que dans le sud, c'est 2 roupies la banane!
Les gens qui vont faire leur marché prennent leur temps, il y a très peu de jeunes, car ce sont les mères de famille ou éventuellement les pères qui se chargent de cette tâche...autant dire que je fait tâche au milieu de ce Ce moment est toujours un bonheur, on hésite entre deux sortes de gingembre pour préparer le thé traditionnel (tchaï), et l'on discute avec le vendeur de la qualité de l'épinard en branches. Bref, vous l'aurez compris, c'est le seul endroit de Chandigarh que je regretterai, tant les odeurs que les couleurs.
J'y vais souvent le soir, car il y règne une ambiance magique, chacun sort une petie lampe pourrie, et l'on entend tinter les balances manuelles, entre deux cris rauques...un délice pour les papilles et les sens!




Le Penjab est une des régions les plus riches de l'Inde, grâce à son agriculture notamment, et les sikhs sont de grands propriétaires terriens, ceux qui gèrent et s'imposent la plupart du temps comme les patrons, que ce soit dans la vie politique, économique, mais aussi dans leur façon de se comporter. En effet, ils en imposent avec leur turban!





Dushera à Chandigarh

AH!! Voici Dushera!
C'est une fête hindoue qui se passe dans les 10 derniers jours d'Octobre...vous voyez comme mon blog est à l'heure!! Il s'agit de la célébration d'un épisode du Ramayana, plus grande épopée écrite en sanskrit, et relatant les faits de la mythologie hindoue. A cette occasion, on fabrique de grandes effigies du Dieu Ram, et de son frère Ravana, et on les brûle sur une place publique. Ces statuettes sont faites de bambous géants et de structures en métal. Puis elles sont recouvertes de tissus colorés et peints. Cette préparation se fait dans les temples, et les débris récupérés à la fin de la cérémonie sont considérés comme des porte-bonheur.




Le Rock Garden de Chandigarh


Il y a une seule chose à voir à Chandigarh, le Rock garden, construit par Nek Chand dans les années soixante, utilisant les matériaux de récupération de la construction de la ville par le Corbusier et son équipe d'architectes. De ces débris sont nés des statues de toutes sortes, des figurines plus ou moins abstraites, et ce jardin est maintenant le deuxième site le plus visité en Inde parès le Taj mahal...très moderne, il prend place à cô^té du Sukhna Lake, lac artificiel de Chandigarh...décidément, ici, tout est construit, et cela manque bien d'âme...mais les statuettes sont intéressante!




Voyez, des statuettes dont la base est en béton, mais elles sont recouvertes de "bengles", les bracelets que les femmes indiennes portent nombreux, et de toutes les couleurs.





Mais il y a aussi des statuettes faites de paille et de tissus, pour une fête organisée dans l'enceinte du jardin.


Ces silhouettes dansantes sont très modernes je trouve, et le mouvement sensuel...un peu de sensibilité dans ce monde de béton!!
Rémi et Laurent, des amis venus de Delhi, et moi, entourés de nuées d'écoliers venus visiter.

Une petite fille et son papa vous saluent!!

Jaipur, capitale du Rajasthan


Quelques jours de vacances, je file visiter Sarah, qui est tutrice comme moi à l'université de Jaipur, dans le Rajasthan. Pays des couleurs, pays de la musique juste au bord du désert du Tar, je débarque dans la ville après 9 heures de bus depuis Delhi. Sur la route, j'admire les beaux camions décorés comme partout en Inde:


Tout d'abord, les couleurs, les odeurs de cette ville polluée me prennent les narines, puis Sarah m'embarque sur son scooter, sans casque évidemment, jusqu'à son joli petit appartement, à l'extérieur du centre ville. Puis, c'est parti pour un bon dîner en ville, thali rajasthani. Thali veut dire assiette en hindi, c'est le plat que les restaurants servent partout, accomodé différemment selon les différentes régions. Ici, c'est riz, dhal (plat de lentilles), mix veg (plusieurs légumes), du paneer en sauce: le "fromage indien", sorte de formage frais et très gras...avec des chapatis, galettes de farine et eau, et un bon désert: le gulab jamun, boule de farine sucrée qui baugne dans un sirop...à consommer avec modération!
Le lendemain, visite de la vieille ville, toute rose. Les bâtiments ont été peints en rose pêche, couleurs de l'hospitalité, en 1876 par le maharaja Ram Singh pour recevoir le prince de Galles, et cela est resté. Les murs sont donc de différents roses avec des bordures blanches en volutes...très beau et gai, après le béton brut de Chandigarh!




Sarah m'emmène visiter le main bazaar, et je fais des folies de bijoux et de sacs en cuir de chameaux...nous voyons le palais des vents qui a été construit par les rajputs, une caste élevée du Rajasthan. Les nombreuses petites fenêtres ont été édifiées pour permettre aus femmes du harem royal de voir la foule sans être vues.


Oh, un cheval avec les sabots peints en rose fluos...


Puis, direction le meilleur lassi de la ville. C'est une sorte de yaourt liquide, que l'on boit ici dans de grands verres en terre que l'on jette et casse aussitôt pour les recycler, et si l'on a de la chance, on peut même avoir un peu de la croûte du yaourt...un régal!! Oh, une invasion de pigeons...et une belle photo!


Jaipur est une ville qui grouille, qui klaxonne, où tous les marchands traditionnels se mêlent aux touristes nombreux en cette saison. cela me fait bizzare d'ailleurs de voir des occidentaux que je ne connais pas...il faut dire qu'à Chandigarh, nous somme une dizaine donc c'est vite vu!! Regardez, là, une vendeuse de légumes sur le main bazaar...et une chèvre dans un rickshaw, elle se fait promener, pénard!



Au détour de la rue principale, un véritable défilé d'éléphants, décorés pour un des nombreux festivals du Rajasthan.


Un chameau, un rickshaw, et un mec qui pisse...c'est bon, je suis bien en Inde!!


Dans la série "On a la classe!":


vendredi 12 février 2010

La ville d'Agra

Grouillante, au contraire de la renommée de son édifice principal, tout calme et normé, la ville d’Agra est petite, bien typique et populaire, qui grouille, qui klaxonne, qui rickshotte, qui braille, et qui sent plein de trucs différents à la fois. Les vaches, elles, regardent le temps qui passe. On leur touche les cornes en signe de respect, elle beuglent en réponse, puis se remettent à brouter un sac plastique… Il fait nuit et Noëmie et moi sommes prudentes, visiblement les touristes ne s’aventurent pas dans ces quartiers, mais ils sont tellement plus vivants et sympathiques que les routes balisées, grouillantes d’attrapes touristes !

Puis, là, au détour d’un marchand de légumes, une boutique d’instruments de fanfare…j’arrive, j’accoure !! Ces instruments sont utilisés ici dans les mariages, et jamais ailleurs…donc quand je me mets à souffler dans la basse, toute la rue rapplique, le vendeur est aux anges ! Mais qu’est-ce qu’elle sonne faux ! Il y a aussi des mini-soubas, pensée pour mon amoureux, et des trombones à pistons…pensée pour Bethov de la fanfare des Pailloux de Nice. Excellente soirée, et rires échangés avec les enfants des rues, qui veulent qu’on les prenne en photos…ce mot est donc l’occasion de leur faire un signe affectueux, et de les remercier de ces bons moments, authentiques et chaleureux. Ce qui me rend triste, c’est surtout que ces enfants nous ont abordées car ils vendaient du shit…à moins de 8 ans pour certains, cela fait mal au cœur de penser que c’est leur quotidien, et que leur vie de misère est régie par un trafic de drogues…

Agra, ou les merveilles de ce monde...




Bon, il fallait le faire, et l’on s’est pliées à cette coutume touristique, la visite du Taj Mahal, Agra, à 2heures de Delhi. De toute façon, je réalise que je ne serai jamais une indienne, illusion que l’on a au début de cette nouvelle vie palpitante, mais que les regards quotidiens se chargent de calmer d’emblée…je suis une blanche, une « chienne d’anglaise » comme disent gracieusement les rickchawalas en penjabi, et ne serai donc jamais qu’une étrangère…tant pis, pas le choix, et c’est très bien comme ça en fait ! Je rejoins donc Noëmie à Delhi, sur le campus de JNU, une grande université indienne où elle est tutrice, et comme il est 5 heures du mat car mon bus a été très rapide ce qui tient du miracle, je me pose sur le campus encore somnolent, et contemple une véritable jungle au sud de la capitale…incroyable ! Des singes même pas agressifs, des paons, des petits oiseaux, toute la nature semble vouloir m’annoncer une super journée, je me pose sur un mur, et fini ma nuit, interrompue par un garde peu amène qui me réveille à coup de bâton sur mon sac…oui, les flics, c’est pas des tendres, j’ai pas le droit de dormir sur ce banc au soleil…
Trois monuments d’importance sont à visiter à Agra, le Taj Mahal, une des merveilles du monde, bien sûr, mais aussi le « Baby Taj Mahal » et le Red fort.
Je ne vais pas me lancer dans des descriptions interminables de la beauté de ces monuments, c’est juste splendide ! J’ai préféré le « Baby Taj Mahal », qui est plus humain et dégage plus de sensibilité dans l’architecture. Le grand mosolée du Taj Mahal a été construit par l’empereur moghol Shah Jahan, en l’honneur de son épouse décédée…il faut dire que bien sûr, celle-ce était une épouse marmis tant d’autres…la préférée. La construction est au bord de la rivière Yamuna, qui passe aussi par Delhi, bourrée de sacs plastiques et de déchets en tout genre…amis traiteurs d’eau…à vos BRM ou autres outils barbares ! La construction est parfaitement symétrique, aussi haute que large, tout en marbre blanc provenant du Rajasthan, ce qui éblouit quelque peu par ce soleil flamboyant. Des incrustations de jaspe et de lapiz lazuli ornent le tout, par des décorations florales fines en frises…Franchement, impressionnant !

Le « baby Taj Mahal », est plus petit, construit selon le même schéma architectural de perfection visuelle et d’harmonie symbolique, il est fait de grès rouge, et précurseur du Taj. Les incrustations sont plus fines et délicates, selon le souhait de la femme du vizir qui avait le pouvoir à l’époque.

Puis, le Fort Rouge d’Agra, moins connu que celui de Delhi, il est bien plus imposant et travaillé. Un véritable régal de se laisser guider et perdre tour à tour dans les dédales de couloirs, et de patios en plein air. La majesté de l’édifice laisse rêveur, et les appareils photos fusent…c’est la première fois que j’assume vraiment d’être une touriste en Inde. D’ailleurs je ne suis pas la seule, les indiens se plient à la conventionnelle photo genre « tu vois, je tiens le Taj Mahal du bout des doigts ». N’empêche que ça ne rigole pas, tout le monde y passe, c’est très sérieux, et cela fera la fierté de bien des albums de famille !